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142 Wi'fCfc SUR AYMER1C DE KIPUS.
Sa Sainteté, lorsque, le lundi 22 mai, premier jour des
Rogations, le feu prit à la chambre où était sa garderobe,
et dévora tout ce qu'elle contenait. Le bruit courut que le feu
avait été mis exprès afin d'avoir l'occasion d'extorquer de
l'argent aux prélats attendus au concile; mais l'incendie avait
fait plus de mal qu'on ne pouvait s'y attendre, et des choses
d'un grand prix furent la proie des flammes. « On prétend ,
« dit Matthieu Paris (1), que la détestable charte consentie
« par Jean-Sans-Terre, de déplorable mémoire, fut réduite
« en cendres (2). »
Selon cet historien, le seigneur pape ayant voulu intro-
duire vers ce même temps quelques étrangers, ses parents
ou alliés dans certaines prébendes de l'Église de Lyon , sans
consulter le Chapitre, les chanoines lui résistèrent en face,
et lui affirmèrent avec un ton menaçant et même avec ser-
ment, que si telles gens paraissaient à Lyon, ni l'archevêque
ni les chanoines ne pourraient empêcher qu'on ne les noyât
dans le Rhône. Aussi ceux qui devaient recevoir ces béné-
fices ne se montrèrent plus désormais.
C'est encore le moine anglais qui nous a transmis celte
autre anecdote : « Un huissier du pape ayant refusé l'entrée
à un citoyen qui la demandait humblement et civilement, et
ayant mis dans son refus une insolence brutale et une arro-
gance malséante, ce citoyen, indigné et furieux, coupa et
abattit la main de l'huissier. Cet homme, devenu manchot,
alla montrer son bras mutilé au seigneur pape, et se plaignit
grandement à lui. Le seigneur pape demanda qu'on lui donnât
satisfaction selon les lois de la ville, et Philippe, gardien de
la paix de l'Église, voulant mettre, au moins en apparence ,
(1) T. -vi, p. 45 de la lï.id. de .M. Iluillard de Breholles.
(•2) Cette charte est, si je ne me trompe, celle de 1213-