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                     SA VIE ET SES TRAVAUX                           327

  J'ai voulu m'essayer à polir une de ces plaques trompeuses pour
m'y habituer un peu : j'y ai vu mon portrait, et cependant je n'avais pas
posé.
  Mon grand-père (1) est presque entièrement rétabli et il marche
même sans canne. Nous nous portons tous très bien et l'on me charge
de te faire beaucoup d'amitiés.
  Louise, qui lit ma lettre pendant que je t'écris, te dit bien des
choses.
  Adieu mon cher cousin (par M. de Vailly ; les cousins de nos cousins
sont nos cousins).
  Je suis ton ami dévoué;
                                                        Léon SAY.


    En 1841, Rondot quitta Paris, vint à Reims où il entra
dans la carrière industrielle. Il suivit patiemment toute la
filière des débutants : tour à tour apprenti et ouvrier teintu-
rier en laine, employé dans une manufacture de tissus.
    Ses goûts studieux ne l'avaient pas abandonné. Prenant
sur ses nuits, il se levait à l'aube, avant de commencer sa
journée professionnelle, et parcourait la campagne rémoise
à la recherche d'échantillons de minéraux. En 1843, il lut
à l'Académie de Reims, dont il était membre correspon-
dant, un mémoire: Etude géologique sur le pays de Reims, qui
fut imprimé dans les mémoires de cette compagnie.
    Dès l'année 1842, âgé de vingt et un ans à peine, il était
inscrit comme membre correspondant de la Société des
Sciences, arts, belles lettres et agriculture de Saint-Quentin.
Mais il se sentait invinciblement attiré vers les grands pro-
blèmes économiques qu'il avait entendu discuter, en sa
prime jeunesse, par les hommes éminents qui entouraient


  (1) Léon Say étant né le 6 juin 1826, il faut dater cette lettre de
1840 ; il ne peut être question ici de J.-B. Say, mort en 1832. Il s'agit
de M. Chevreux, père de sa mère.