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   On peut distinguer en Pierre d'Epinac trois personnages,
qui répondent assez bien aux trois périodes de sa vie :
l'évêque, le conseiller du roi, le ligueur.
   Pierre d'Epinac naquit en 1540, d'une vieille famille
forézienne de moyenne noblesse, plus voisine, il semble, de
la gêne que de la richesse, mais bien apparentée. Longtemps
elle vécut sans éclat et sans bruit au fond de sa province.
Pierre d'Epinac, père de l'archevêque, faillit voir sa for-
tune sombrer dans l'aventure du connétable de Bourbon
pour lequel, avec beaucoup d'autres Foréziens, il avait pris
ouvertement parti. Mais il releva si bien son crédit par la
protection des Guises, les services rendus, son intelligence
et l'honneur de son caractère, qu'il mourut lieutenant au
gouvernement de Bourgogne, et fonda véritablement la
grandeur de sa maison.
   De son mariage avec Guicharde d'Albon, il avait eu plu-
sieurs enfants, entre autres Jean, qui continua la lignée dans
le monde, Pierre, et leur sœur Claude, dite Mademoiselle
de Grézolles, dont les rapports avec son frère l'archevêque
donnèrent lieu aux accusations outrageantes dont on essaya
de les déshonorer tous les deux.
   On avait décidé que Pierre serait « d'Eglise », comme
puîné de la famille. A dix ans, il était pourvu d'un canoni-
cat au chapitre de Saint-Jean de Lyon, à quinze ans, nommé
abbé ou prieur commendataire de Saint-Pierre-de-Joncels.
Je constate ces faits sans y attacher d'importance; les mœurs
du siècle étaient indulgentes pour ces abus, et on n'y trou-
vait guère à redire. Au fond, les revenus de Joncels étaient
une sorte de bourse d'éludés, qui permettaient à Pierre de