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496                 HISTOIRE D'AMPLEPUIS

prés par des ravins si larges et si profonds que plus de la
moitié de leur contenu a été emportée, et il est difficile de
tirer parti de l'autre, soit par la difficulté d'en pouvoir
enlever les pierres et les graviers, dont elle est couverte,
soit par celle de pouvoir les arroser, toutes les tournées
et levées pour la conduite des eaux étant totalement empor-
tées ; il faudra vendre une partie des bestiaux, à cause de
la disette du foin, et par conséquent laisser la plus grande
partie des terres sans réparations et sans culture. Dans
certains endroits les chemins ont été rompus et creusés
par les torrents ; dans d'autres, ils ont été comblés de
pierres et de graviers, à tel point que toute communication
est coupée, tant pour le dedans que pour le dehors de cette
partie de la paroisse. Plus de la moitié de cette partie de la
paroisse est réduite à ce triste état, et les habitants se
verraient dans la nécessité de l'abandonner, s'ils ne mettaient
toute leur confiance dans la justice de l'Intendant ; ils sont
hors d'état de payer les impositions de cette année, d'aller
aux corvées du grand chemin, ayant plus qu'ils ne pourront
faire pour rendre leurs chemins un peu praticables.
   Les impositions de la campagne ne portent que sur leurs
immeubles et leur produit, le Roi, par sa déclaration pour
la levée du vingtième a ordonné qu'elles ne consisteraient
que dans le 20e du revenu des particuliers, ici le revenu de
chacun est diminué de la moitié pour le présent, et même
pour nombre d'années, par conséquent les suppliants
espèrent une diminution proportionnée ; cet exposé n'est
point exagéré, il ne donne qu'une faible idée du dégât, il
serait difficile de représenter la destruction de cette partie
de paroisse qui, même avant ce malheur, était très imposée.
Par toutes ces considérations, les suppliants requièrent que
l'Intendant nomme et envoie un commissaire pour dresser