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HISSTOIRE D'AMPLEPUIS 495 3 deniers. On a semé quantité d'orges, avoine, seigles, tramois, bled noir et autres tramois, mais les pluies excessives nous font beaucoup craindre. Le bled noir à semer s'est vendu jusqu'à 24 livres le bichet au mois de juin. Le soigle a valu 14 livres au milieu de juin. Nous enterrons au commencement juillet beaucoup de pauvres morts de faim et surtout de jeunesse, on pille nuit et jour les fruits de la terre aux mois d'août, septembre, octobre, avoine, orge, pommes, poires. Les menus grains, orges et avoines sont très abondants, on ne fait presque par toute la France que du pain d'orge et d'avoine, l'orge vaut au commencement de novembre 6 à 7 livres, l'avoine de 30 à 40 sols ; le temps ne s'est jamais vu si beau en automne pour semer, mais on sème bien peu, faute de semences. » « Il faut noter que les trémois produisirent cette année-là au centuple », ajoute une autre main. En 1718, il y eut vraisemblablement une épidémie à Amplepuis, car sur environ 120 inhumations faites dans l'année, 92 eurent lieu de fin août à fin novembre. En 1765, les habitants du quartier d'en haut de la paroisse d'Amplepuis adressèrent une supplique à l'intendant de la généralité de Lyon, dans laquelle ils lui remontrent que la partie de cette paroisse qui s'étend jusque vers les hauteurs au-dessus de Tarare a eu le malheur d'être ruinée dans la nuit du 20 au 21 juin ; sa situation est très montueuse et tous ses prés sont renfermés dans les différents vallons qui la composent. La quantité d'eau qui tomba sur le haut des montagnes forma de toutes parts des torrents si rapides qu'en se précipitant dans les vallons, ils entraînèrent les terres, les arbres et tout se qui se trouva sur leur passage. Ces eaux accumulées dans les vallons acquirent une nouvelle force, s'ouvrirent différents passages au milieu des