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BIBLIOGRAPHIE 349 allemand, coloniensem bihliopolam in civitate Lugiuni degentem, courtier en livres pour la ville de Cologne, reçoit une procuration de Jacques Roussin, libraire à Lyon, pour des achats a faire aux foires de Francfort. Il s'agissait évidemment de fournitures d'imprimerie et de librairie. Le 19 mai 1566, Diego, voiturier, s'engage à transporter et à remettre à Paul Savin, libraire à Barcelone, deux balles de livres en blanc (sont-ce des livres brochés ou des registres?) et trois tonneaux de livres reliés (singulière façon d'emballer) moyennant la somme de six écus d'or sol. Ce Paul Savin, libraire à Barcelone, était natif de Lyon où son frère Gaspard exerçait la même profession et correspondait avec lui, car on n'imprimait guère à Barcelone et la plupart des livres venaient de France. Il reconnaît devoir à ce dernier cent soixante-sept écus d'or pour vente et délivrance de marchandises de livres pendant les années 1565, 1566 et 1567. En 1592, Etienne Michel, libraire à Lyon, a d'importantes affaires commerciales en Espagne où ses créanciers de Lyon vont tâcher de se faire payer... probablement sans y réussir. C'est encore un acte de vente provenant d'un imprimeur qui nous apprend qu'au XVIe siècle à Lyon, on achetait séparément non pas seu- lement un étage d'une maison, mais même deux chambres isolément. Le 19 mars 1555, Pierre Micolier, imprimeur, vend «deux chambres à lui appartenant, faisant le dessus d'une maison sise rue Tramassat jouxte la dite rue, de matin, jouxte autre rue appelée Tire-Cul par où l'on va en Forvières, de vent. » D'autres pièces du même genre nous donnent la certitude que Guillaume Verdier le fondateur de l'imprimerie à Grenoble avait un frère du nom de Jean, libraire à Lyon à la fin du XVIe siècle. L'impri- merie grenobloise est donc d'importation lyonnaise. Je ne saurais terminer cette revue sans signaler d'une façon toute particulière à nos lecteurs les cinquante reproductions en fac-similé dispersées dans le texte de ce beau volume et qui ont une valeur inap- préciable pour les bibliophiles. Ils trouveront d'abord une collection de marques, bandeaux et fleurons des mieux choisis. Quoique provenant de libraires de second ordre, ces petits sujets n'en sont pas moins des modèles du style le plus pur de la Renaissance. Nous signalerons particulièrement à leur attention les marques de Louis Clésinet, Thibaud Ancelin, César Farine,