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FRAGMENT D'HISTOIRE CONTEMPORAINE 339 contre, mais mettait l'habit bas, et, cette fois, c'était des poings et des pieds que l'on jouait. Il paraît que, moins heureux qu'avec l'épée, l'ancien officier avait quelquefois le dessous. Vous pensez bien qu'il devait laisser percer quelque chose de ces allures dans ses fonctions de commis de maga- sin. Comme il ne possédait aucune connaissance technique, il n'avait pu trouver place au service de la fabrication, et son frère l'avait mis à la vente. On prétend qu'il en méchut à plus d'un acheteur, pour être entré en discussion avec lui. •» * La maison Alexandre Z... dut bientôt se séparer d'un col- laborateur aussi militant. Auguste, estimant qu'il avait fait un apprentissage suffisant et trouvant le commerce de son goût, prie alors son père de lui avancer 25.000 francs, afin de monter une maison de soierie à son compte : en ce temps-là , il n'était pas rare qu'un fabricant débutât avec d'aussi modestes capitaux. Le papa se fait, comme on pense, tirer l'oreille, persuadé que ses écus vont partir pour une destination inconnue. Il n'en fut rien. Fleury Z... s'étant décidé, pour avoir la paix, à compter la somme, il y eut bientôt à Lyon une seconde raison sociale où figurait son nom, et la maison Auguste Z... prit rang parmi les mieux cotées de la place. Nous devons supposer que l'emploi de vendeur n'était pas tenu par le patron. Cependant, il s'aperçoit un jour qu'il est célibataire et que le mariage est un complément, pour ainsi dire, néces- saire à un négociant en situation. On peut sans trop d'in- vraisembrance croire qu'en dépit des histoires qui couraient