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DE JOSËPHIN SOULARY 333
Je vis, donc j'ai vécu! Je meurs, donc je vivrai!
Epuiserais-je tout dans un réveil d'une heure?
Et mon père infini m'aurait-il fait un leurre
De la soif d'infini dont je suis dévoré?
Oui, le poète et l'homme à qui l'on doit de tels vers, sont également
dignes de l'honneur que vous leur rendez, et feront vivre cette image
que j'aime à saluer avec vous.
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Un déjeuner intime réunissait ensuite une grande partie
de ceux que nous avons cités plus haut. On y a porté, au
dessert, des toasts à la gloire de Soulary et à la poésie.
L'auteur des Rêves ambitieux a maintenant son arpent de sol,
et comme filet d'eau, le Rhône majestueux qui coule sous
ses regards. Nous pourrons répéter ces gentils vers du
poète :
Dans mon village de Lyon,
Nous avons aussi nos merveilles.
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Dans son très intéressant et curieux volume sur Nos Poètes
(1888), Jules Tellier, ce jeune auteur si bien doué et si tôt
disparu, parle des deux maîtres sonnettistes, mis un jour en
rivalité. L'ancien élève de Jules Lemaitre ne pouvait guère
désapprouver ouvertement son professeur de rhétorique,
mais il fait cependant ses réserves : « M. de Hérédia fait
laborieusement des sonnets laborieux. Il en a fait une cin-
quantaine en vingt-cinq ans. On s'est aisément persuadé
que ce qui lui coûtait tant de peine devait être de grand
prix, et je ne dis pas qu'on ait eu tort. Toujours est-il que les
gazetiers prennent aujourd'hui des airs d'admiration tout Ã
fait entendus quand ils citent un sonnet de M. de Hérédia.