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62       LES GRAVEURS SUR BOIS ET LES IMPRIMEURS

moins particulier, faits dans le genre de ceux qu'on avait
produits en Italie, presque uniquement à Venise (28).
Ce furent d'abord des recueils de patrons de lingerie, de
tissuterie et de tapisserie, et, plus tard, des recueils de
dessins d'ornement (« patrons de diverses manières »).
Un d'eux n'a pour titre qu'un long exposé de seize vers
dont voici la fin :

        «   A tous massons menusiers et verriers
        «   Feront prouffit ces pourtraictz largement
        «   Aux orphèvres et gentilz tapissiers
        «   A jeunes gens aussi semblablement.
        «   Oublier point ne veulx aulcunement
        «   Contrepointiers et les tailleurs d'ymages
        «   Et tissotiers lesquelz pareillement
        «   Par ces patrons acquerront héritages. »

   On assure qu'il y a de ces petits livres lyonnais qui
ont été faits au xv e siècle. Les plus anciens que nous
ayons vus sont sortis des presses de Claude Nourry dit
Le Prince, et Pierre de Sainte-Lucie, qui épousa la
veuve de celui-ci, continua cette industrie.
   Les recueils italiens ont plus d'originalité que les
nôtres. Quelques-uns ont eu pour auteurs des graveurs
(intagliatori) qui étaient des dessinateurs assez élégants.
   Ces cahiers de patrons dont la rareté actuelle s'explique
par le grand usage qu'on en faisait étaient dans les
mains des hommes aussi bien que des femmes (29).


   (28) On faisait encore de ces recueils à Venise au xvie siècle. Un
élève de Mantegna, Zoan Andréa Vavassore, de Venise, a dessiné et
gravé de ces patrons dès 1525.
   (29) Mm= Bury Palliser, qui connaissait l'ancienne dentelle mieux