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SUR RICHARD DE LAPRADE. 21 decine entière, ébranlée dans ses antiques croyances, me- nacée d'être précipitée dans une fausse route. L'opposition vigoureuse et raisonnee de notre maître sera toujours pour lui un titre à notre reconnaissance, et un honneur incontes- table. Au milieu de l'enthousiasme général, il fallait une convic- tion, une hardiesse à toute épreuve, pour lutter contre un système qui, sous prétexte de simplifier la pathologie, la ré- duisait a mesurer l'irritation, à chercher son siège, ordinaire- ment facile a trouver. Cette polémique, cet exemple ont rendu un éminent service a la médecine lyonnaise, qui a été maintenue dans les sages limites de la vérité; ils ont gran- dement contribué a préserver la jeunesse de notre école des séduisantes erreurs qui, au dehors, rencontraient de si nombreux adeptes. Du haut de sa chaire, au nom de la saine pratique, Richard de Laprade ne se lassait pas de protester. Un jour, Casimir Broussais vient l'entendre, il reconnaît le rude antagoniste que son père, depuis longtemps, avait bien jugé et ne traitait pas en ennemi vulgaire, ainsi que le prouve une lettre curieuse, dans laquelle le fougueux Brous- sais abandonnant ses formes, ses violences habituelles, at- tire, caresse doucement le professeur lyonnais, lui demande non pas grâce, mais trêve jusqu'à ce que la lumière lui soit venue. « Vous ne partagez pas mes opinions, lui écrit-il, vous avez agi en homme franc et honnête en le témoignant. Cela me prouve que si vous pouviez être témoin des faits et des ex- périences sur lesquelles repose la doctrine physiologique, et entendre les raisonnements dont elle est étayée, vous vous rendriez de bonne foi. Croyez que ce qui est entrepris au- jourd'hui pour le soutien et la propagation de cette doctrine, n'est dicté ni par un aveugle enthousiasme, ni par aucun motif dont ses partisans aient a rougir. Si vous en doutez