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                     ET DES SIRES DE BEAUJEU.                          557
beaucoup de soin, et indiquant par des couleurs différentes les
paroisses, les fiefs, les rivières, les montagnes, ne donne pas
les circonscriptions des châtellenies du Beaujolais. Ces circons-
criptions , créées par le duc de Montpensier, et qui existaient
encore à l'époque de la révolution, étaient cependant bien faciles
à tracer à l'aide du livre de Louvet.
   Les antiquaires sauront particulièrement gréa M. de la Roche
la Carelle du soin qu'il a pris de faire exécuter les dessins
qui accompagnent sa description de l'autel d'Avenas. Ces
dessins mettent à même de porter un jugement presque cer-
tain sur l'âge de cet intéressant monument, dont les érudits
s'occupent depuis plusieurs siècles (1). M. Gailhabaud avait déjà
publié la face principale de cet autel dans son beau livre intitulé :
Histoire de l'architecture (2) ; mais M. de la Roche la Carelle
nous a donné en outre les deux faces latérales, qui ne sont pas
moins intéressantes. Il y a joint le plan de l'autel, le dessin
de l'inscription, et enfin le plan visuel de l'église d'Avenas dans
son état actuel.
   La face principale représente Jésus assis sur une chaise an-
tique ; il est placé dans une auréole de forme ovoïdale (3), à base
et sommet pointus, qui occupe toute la hauteur de la pierre ;
il est accompagné des douze Apôtres, nimbés, placés sur deux
rangs de chaque côté de lui, trois par trois. 11 tient un livre dans
la main gauche ; sa droite, dont les deux derniers doigts seuls
sont fermés, donne la bénédiction à la mode latine. Sa tête est
entourée d'un nimbe crucifère; les noms de quelques Apôtres se
lisent encore à leurs pieds. La plupart tiennent un livre à la
main ; saint Pierre tient une grande clef. Les quatre figures

   (1) Jacques Sevcrt en parlait déjà dans sa Chronologie des évêques de
Mâcon, publiée en 1628 (p. 32).
   (2) M. de Caumont l'avait publiée aussi dans son Abécédaire, p. 140.
   (3) Mais non pas ogivale, comme le dit M. de la Roche la Carelle. Ce
Christ a beaucoup de rapport avec celui qu'a donné M. Didron dans son
Iconographie chrétienne, p. 255, d'après un ivoire du XI e siècle, où l'au-
réole est également accompagnée des figures symboliques des quatre
Ëvangëlisles.