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«O'ïiCE SUR LE P. DE MONTAUZAN. à 21
« Nos nouvelles littéraires sont assez stériles; le nouvel ar-
rangement que nous avons pris pour nos journaux, nous a
mis si fort en arrière, que nous sommes obligés de faire force
de voiles pour nous remettre au courant. C'est ce qui nous
occupe presque uniquement et à peine avons-nous le temps
de penser à autre chose.
« On a attaqué, dans les Nouvelles ecclésiastiques, les ar-
ticles 56 et 57 de nos Mémoires du mois de juin, nous y ré-
pondons et vous pourrez voir notre réponse dans le mois de
novembre où je la placerai. C'est ce qui m'empêche de vous
faire le détail de la critique et de !a réplique.
« Le tome 3 de VHistoire ancienne par M. Rollin pa-
raît depuis quelque temps. On a donné aux deux premiers
bien des éloges qu'ils ne méritoientpas entièrement. Ce nou-
veau volume l'emporte sur les deux autres pour la grosseur;
mais il leur est inférieur en bien des choses. On juge que l'au- '•
teurn'a pas assez médité son sujet, et qu'il l'a exposé avec trop
de précipitation. Les longues digressions sont de son goût : il
est fort diffus dans tout ce qu'il raconte, et ses récits sont cou-
pés à tout moment par des réflexions morales. Quelquefois
M. Rollin oublie qu'il est historien et veut raisonner en
théologien ; mais on ne trouvera pas dans ses réflexions théo-
logiques toute la justesse qu'il y faudroit. En voici un exem-
ple tiré de l'Avant-propos où M. Rollin donne une idée
générale des vertus et des belles actions des Grecs. Je
conviens avec luy qu'aucunede ces belles actions ou vertus des
Grecs n'a pu leur être utile pour le salut, parce que le salut ne
peut s'obtenir sans la foy en J. C ; mais avancer, comme
fait cet auteur, que leurs meilleures actions étoient corrom-
pues ou par l'amour-propre ou par l'ingratitude, c'est ne
reconnoître dans eux aucune bonne action; c'est avancer que
toutes leurs actions étoient des péchés ; et que toutes leurs
vertus n'étoienl que des vices palliés. Or celle opinion est