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4lG                    LA GUERRE D'ORIENT.

      Brigandage public, national attentat,
      Que l'on colore en vain par la raison d'état. '
      Un plus noble dessein, ô France, t'a guidée I
      Le fusil dans ta main est l'arme d'une idée :
      Le droit à soutenir, la faiblesse à venger,
      L'équilibre du monde enfin à protéger,
      Et la paix dont il faut, d'une audace prudente,
      Punir sans hésiter la rupture impudente ;
      Voilà ce qui t'a mis les armes à la main.
      A l'Europe témoin, il faut montrer enfin
      Qu'il n'est pas de pouvoir, dans le temps où nous sommes,
      Courba-t-il sous le joug soixante millions d'hommes,
      Qui puisse impunément, par un lâche attentat,
      Devant le monde entier, dérober un état !
      Ton œuvre, ce n'est point l'œuvre d'un peuple lâche,
      Mais tu sais te hausser au niveau de ta tâche ;
      Et si grande que soit cette tâche à remplir,
      Tu grandis avec elle, et tu sais l'accomplir,
      Et tu ne laisses pas, comme un vil mercenaire,
      Ton glorieux fardeau tomber souillé par terre !
      Forte de tes projets, poursuis donc ton chemin,
      Et laisse murmurer, dans un calme dédain,
      Que tu défends, nation chrétienne et catholique,
      Des fils de Mahomet le pouvoir tyrannique !
      Ce n'est pas l'Ottoman, mais toute nation
      Que tu défends en lui contre l'oppression ;
      Et, soutenant le Turc, tu verses à mains pleines,
      Privilèges et droits sur les races hélènes,
      Et le raya, par toi maintenant racheté,
      Lève, au niveau du Turc, son front en liberté.
      Fais donc la guerre afin de détruire la guerre,
      Et, chassant pour jamais au fond de leur repaire
      Des Barbares du Nord les bataillons épais,
      Va conquérir au monde mie durable paix.
                                                  P. H.