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F.-il. DE LA MENNAIS. 389 a été de renier successivement toutes les vérités inconciliables avec cette erreur fondamentale. Tel est, croyons-nous, le juge- ment que la philosophie la plus impartiale doit prononcer sur cet homme, d'ailleurs, si remarquable : jugement, qui, s'il est bien motivé, mettra en lumière une grande vérité trop souvent méconnue, à savoir : que la logique essentielle est la raison de tout ; qu'elle pénètre tous les événements, toutes les choses, qu'elle domine tous les esprits, et qu'il n'en est aucuns, quels que grands qu'ils soient, qui puissent s'affranchir de cette royale domination. Cette vérité est bonne à prêcher en tout temps, mais surtout en celui où le mépris du principe et l'omnipotence de l'habileté seule sont érigés en foi commune; où les hommes se croient, en d'autres termes, assez puissants pour déduire : dans l'ordre idéal, le vrai du faux : dans l'ordre moral, le bon du mauvais : dans l'ordre matériel, la conservation de la révolution : et dans l'ordre politique enfin, la monarchie de la démocratie même ! Comprend-on maintenant qu'une étude sur M. l'abbé de la Mennais soit autre chose qu'une biographie et qu'elle prenne les proportions d'un grand enseignement. Si nous voulions, dès l'abord, caractériser la fausse voie philosophique qu'a suivie cet homme, nous pourrions dire,— en nous servant, du reste, des mots qui vont suivre dans un sens purement scientifique et en mettant à part toutes les passions philosophiques et politiques qu'ils soulèvent, — que cette voie n'a été autre que celle de ce rationalisme démocratique absolu, qui, depuis si longtemps révolutionne sans relâche au milieu de nous, et la religion , et la philosophie, et la société elle-même. Autorité de la raison humaine par le nombre : voilà tout le système philosophique de l'abbé de la Mennais, depuis l'Essai sur l'indifférence jusqu'aux, dernières paroles de son agonie : voilà le principe de tous ses écrits et de toutes ses actions ; voilà la cause primordiale de tous les excès et de toutes les varia- tions dé ses théories religieuses ; car l'Autorité est une comme la vérité qui est sa divine raison d'être ; et, pour ia philosophie