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372 LES.SIRES DE BAGÉ. Nous ne donnerons pas ce fait comme vèridique, dans la crainte de faire hausser les épaules aux sceptiques de notre temps, mais simplement pour faire connaître les mœurs de ce siècle. La mort d'Albéric sera, sans doute, arrivée avec quelque circonstance tragique, et cela aura donné lieu au récit merveilleux du bon abbé deCluny. Albéric laissait un fils nommé Léolald qui, n'héritant point de l'animosilé de son père, se réconcilia avec l'évêque, et menaça même Hugues de se déclarer contre lui s'il ne rendait la paix à l'église de Mâcon et les droits qu'elle pou- vait exiger. Le sire de Belge réduit à ses propres forces de- vant deux ennemis, touché d'ailleurs par les représentations que lui fit Mainbold, accepta la paix. Un traité fut conclu en 954. On stipula que Saint-Clément el toutes les terres prises sur l'évêque lui seraient rendues; que, pour le dédommager des pertes éprouvées dans l'incendie, Hugues lui remettrait le tiers du bois chêtif, depuis la rivière de Veyle jusqu'à un lieu que l'original appelle Dolosa, que, de son côté, l'évê- que reconnaîtrait tenir de la pure libéralité du sire, qualifié alors de sérénité, titre que prenaient nos rois avant celui de majesté. Le prélat, pour empêcher les sires de revenir sur la do- nation, s'empressa de la faire approuver et confirmer par le souverain pontife (1). C'était une précaution fort en usage alors. Les souverains y avaient fréquemment recours pour donner à leurs transactions une autorité sacrée, la seule qu'on (I) Agapitus sorvus servorumDei... concedimus et cordirmamus omnes rcs quoe per precepta regum, vel largionem bonorum vel Chrisli fidelium, utriusque sexus in eodem loco collatœ sunt. Abbatiani sancti Clementis atquc tertiam partem nemoris juxla Ararim fluvium, ab amne Valœ usque ad Dolosam labem, pariterqije consentientibus Hugonc m a r c h i o n c . (SEVBRT, episcop. matiscon).