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324 AUX VIEUX TILLEULS DE BELLECOTJK.
Peut-être un jour, si Dieu vous prête vie
Vous grandirez, ô frêles marronniers;
Nos petits-fils cherchant votre ombre amie
Viendront s'ébattre et jouer à vos pieds.
Nous serons vieux et nos hivers sans nombre
Aimeront mieux le soleil que votre ombre ;
Bans vos bourgeons, petits arbres, bercez
Espoir aux fils, à nous rêves passés !
Et cependant que vous aurez à vivre,
Que deviendra le pauvre genre humain ?
Le monde entier tourne comme un homme ivre,
Qui nous dirait ce qu'il sera demain ?
Nous serons morts, et mieux vaudra peut-être
Dormir alors sous le gazon que naître ;
Chers arbrisseaux, Ã nos cendres laissez
La paix profonde et nos rêves passés '
Maurice SIMONNET,