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            CHRONIQUE DE LA MAISON DE BEAUJEU.                283

cinq enfans masles : le premier fut nomme Guichard, et de-
puis fut appelle le Grand, pour sa grande vertu et prouesse,
comme vous verrez cy après ; le second fut nomme Humbert,
le tiers Thomas, le quart Guillaume, lecinquiesmeLoys; el
six Allés : la première fut nommée (Marguerite), laquelle fut
femme de messire Jehan de Chaalon, seigneur de Rochefort ;
la deuxiesme se nomma Helienor, qui fut femme de messire
Humbert, conte de Villars ; la tiers fut appellee (Jeanne),
qui fut femme de monsieur Jehan de Lurcy ; la quarte et
quincte, nommées (Tsabelle et Beatrix), el furent nonnains
de Polleleins ; la sixiesme, nommée (Catherine), fut reli-
gieuse de Briennes, prez de Anse.
   Ledit seigneur Loys de Beaujeu, connestable de France,
mourut audit lieu de Beaujeu, et fut mené pour estre ense-
 pullure a Belleville, au lumbeau de ses prédécesseurs, et feil
son testament par lequel il institua Guichard, son aisné filz,
héritier unyversel en la terre et seigneurye de Beaujeu ; et
au cas que ledit Guichard mourut sans hoirs masles, en quelz
temps que ce fut, luy substitua Humbert, son second filz ;
et ainsy feit il de tous ses enfans, aussy des filles par ordre de
geniture. Il mourut le vingtroisiesme jour du moys d'aousl,
lan mil deux cens quatre vinglz et dix.
   Madame Helienor, sa délaissée, mourut lan de Nostre Sei-
gneur mil deux cens quatre vingts et seize, le sixiesme jour de
décembre, et fut enterrée a Villefranche en Beaujoiloys, au
couvent des frères, entre le grand autel et la secrelteynerie,
avec grand solempnité el moult belle et honnorable compai-
gnye, a l'honneur et gloyre dudit couvent et de tout l'ordre
de sainct Francoys ; car en sa vie elle leur fait de moult grands
biens, mesmement quelle ordonna que ses successeurs, sei-
gneurs de Beaujeu, leurs bailleroyent et assigneroyent toutes
les sepmaines dix solz tournois à toujours el jamais perpé-
tuellement.