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                             .1. AUTKAN.                          267
vonspas oublié plus qu'eux la courte et brillante épopée de Milia-
nah et tant de charmantes pièces lyriques qui avaient déjà si haut
placé le nom de M. Autran dans notre jeune pléiade; mais nous
n'avons plus le droit de parler de ces recueils, si présents à notre
mémoire , depuis que le poète a voulu les rayer de sa main de
nos catalogues , par un acte à la fois de modestie et de fier cou-
rage qu'il sera plus facile à ses confrères d'admirer que d'imiter.
Qu'il nous soit permis de placer ici quelques mots de biographie
qu'appelle la renommée, aujourd'hui consacrée, de M. Autran, et
qui d'ailleurs porteront avec eux leur enseignement littéraire.
   Joseph Autran est né à Marseillle, sous ce beau soleil proven -
çal, qui fait éclore la poésie si heureuse et si facile. Il était en-
core presque écolier en 1835 , lorsqu'une première publication
plaçait déjà son nom hors ligne de la foule innombrable des jeunes
poètes de cette époque encore si vivement préoccupée de poésie.
Dans son pays surtout, il conquit dès-lors cette belle et douce
popularité que décernent à leurs artistes nos -villes du midi, où
les imaginations sont plus ouvertes et plus sympathiques. Une
série d'autres compositions lyriques et le beau poème militaire
de Milianah achevèrent de placer l'auteur à un rang éminent
parmi les jeunes héritiers des grands maîtres du XIXe siècle.
Malgré les séductions du succès, il continua à préférer son ciel
de Provence à tout ce qu'offre Paris d'heureuses conditions à la
vie littéraire; travaillant sans autre souci de la gloire que le noble
souci du perfectionnement de son talent. Il est vrai que peu de
villes au monde renferment davantage tout ce qu'il faut pour
fixer un poète que cette heureuse et souriante ville de Marseille.
Elle aime ses enfants dont les travaux l'honorent, elle en est flère;
elle entoure M. Autran d'une éclatante prédilection. Le doux cli-
mat, la vie en plein air, les relations cordiales et faciles, une
activité dont le caractère n'a rien de cet aspect slupide et morose
qu'elle prend dans beaucoup de villes industrielles, une mer étin-
celante de couleurs , tout contribue à rendre ce pays hospitalier
et cher aux hommes d'imagination. Il suffit d'y être venu, même
étranger et ignoré, annoncé seulement par quelques amis, pour
garder de son accueil un souvenir aussi doux que de son ciel.