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54 NOTICE SUR L'HISTOIRE DU BEAUJOLAIS. pris de quatre livres dix sols ou environ. Et pour la façon de chaque feuille, qui est ledit nombre de cinq cens, cinq livres ; qui fera en tout, tant papier que façon, le prix et somme de huict livres dix sols. Je ne marque pas le volume, parce que, selon la quantité de la matière qu'il y aura, il n'importe à l'imprimeur de le faire in-folio ou in-quarto. Si l'on le fait in-folio, l'on y mettra le nombre de quarante-huit lignes, et de cinquante-six, cin- quante-huit à soixante lettres du mesme caractère gros-romain, et le saint-augustin de la même largeur et longueur comme le gros-romain ; pour le volume in-quarto, la quantité de trente lignes, et de quarante-trois à quarante-cinq lettres dudit gros- romain , et le saint-augustin de la mesme justification , largeur et longueur. « Il vous plaira, Monseigneur, d'avoir la bonté de faire exé- cuter les lettres dudit imprimeur de Son Altesse royale Madame, pour son establissement, et luy procurer une demeure conve- nable à sa profession, ainsi qu'il est porté par ses dites lettres, que vous aurez la bonté d'en prendre lecture. Espérant cette grâce de vous, Monseigneur, je prendray la liberté de vous offrir les très-humbles services de celui qui est vostre très humble et fidelle sujet. — J. Molin. » La pièce n'est pas datée, mais elle doit être de fort peu posté- rieure aux lettres patentes qui avaient permis à Jean Molin de s'établir à Trévoux. Or ces lettres sont du 12 mai 1671 (1). (t) Déjà , dès 1603, l'aïeul de celte princesse, Henri, duc de Montpensier, avait accordé un privilège analogue à Claude Morillon, natif de Villcfranche, et imprimeur libraire à Lyon de 1600 à 1620 ; mais ce dernier ne paraît pas en avoir profité, car on ne connaît rien qui ait été imprimé à Trévoux avant 1672, et même il est fort douteux que Jean Molin y soit venu alors. Il con- tinua probablement à exercer à Lyon, où son fils André exerça également avec le titre d'imprimeur de Son Altesse jusqu'en 1697. A cette époque on lui donna pour remplaçant un nommé Pierre le Rouge, qui vint en effet s'é- tablir à Trévoux, malgré l'opposition des imprimeurs de Lyon. Ces rensei- gnements m'ont été fournis par M. Guigue, de Trévoux, qui s'occupe d'é- crire l'histoire de cette ville, et qui possède de très-curieux documents, sut son imprimerie.