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18 LA REINE CARÉTÈNE.
Clotilde, sa fille, dans les principes de la foi catholique, précieuse
dot qu'elle devait apporter à Clovis ; concourant avec saint Avit
à la conversion de Sigismond et d'une partie des Burgundes. A
la femme de Chilpéric, à elle seule, s'appliquent parfaitement
tous les faits et tous les détails de notre inscription.
Elle fut l'appui des trônes, sceptrorum colunten, car elle a
fait régner la justice et la miséricorde sur celui qu'elle a par-
tagé ; elle a exercé une heureuse influence sur Gondebaud et
donné le jour à Clotilde, devenue reine des Francs. Elle a sou-
vent aidé de ses conseils le prince auquel elle était unie, et porté
avec lui le poids des affaires :
Principis excelsi curas partit» mariti,
Adjuncto rexit culmina consiiio.
Or, sur ce point, nous avons encore un autre témoignage,
et un témoignage contemporain : c'est celui de Sidoine Apolli-
naire qui, adressant à Thaumastus ses doléances contre les ef-
froyables intrigues de la Cour bourguignonne, parle ainsi de
l'épouse de Chilpéric : Sane, quod principaliter medetur afflic-
tis, tempérât Lucumonem nostrum Tanaquil sua, et aures ma-
riti virosa msurronum fœce cotnpletas opportunitate falsi ser-
monis eruderat, oujus studio scire vos par est, nihil intérim
quieti fratrum communium apud animum communis patroni
juniormn Cibyratarum venena nocuisse, nequequidquam, Deo
propitiante, nocitura; si modo, quamdiu prœsens potestas
Lugdunensem Germanium régit, nostrum suumque Germani-
cum prœsens Agrippina moderetur (1). Devenue libre par la
mort de son mari (ce qui ne saurait s'appliquer à Gondebaud),
Carétène a pu se vouer tout entière aux austérités de la vie mo-
nastique :
Jamdudum castum eastigans aspera corpus ,
Dilituil vestis murice sub rutilo.
Occuluit lteto jejunia sobria vultu ,
Seereteque dédit regia membra cru ci.
(i) APOLM.I. SIOONU Epist. v. "7. — Ce passage a fait croire à quel-
ques auteurs que la femme de Chilpéric s'appellait Agrippine.