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PREMIÈRES CHANSONS, par S. et F. BOREL, un vol. in-18 Jésus,
  avec eau-forte hors texte et frontispice de Fonville, préface de Gus-
  tave NADAUD. — MOUGIN-RUSAND, éditeur, 1893.



         OICI une Å“uvre que nos lecteurs et nos lectrices connaissent et
           que, déjà, les virtuoses du chant et du piano ont rendu popu-
laire (c'est des chansons de M. S. Borel qu'il s'agit). Nous voulons
néanmoins en dire un mot à notre tour, parce que (piano et virtuosts
à part) les chansons de M. Borel ont, par elles-mêmes, une incontestable
valeur littéraire.
    L'œuvre est exempte de prétention, et l'auteur, sans nul doute, obéit
simplement à l'influence secrète quand, sous le prétexte de célébrer la
vigne et tout ce qui est du domaine de la chanson, il nous montre, en
ses vers faciles, une âme honnête et des sentiments délicats.
    C'est le propre, en effet, de ce recueil, de n'éveiller aucune suscep-
tibilité fâcheuse, et la liberté que le genre comporte n'y confine jamais
à la licence.
    Peut-être ne faut-il point demander à notre poète la verve endiablée
et souvent gauloise d'un Désaugiers, ni les grands coups d'aile d'un
Béranger dans ses meilleures inspirations, mais il a, lui aussi, l'entrain,
la belle humeur, la note attendrie, et s'il n'a pas l'ironie mordante et
 le sarcasme destructeur du chantre de Lisette, nous ne pouvons que l'en
féliciter.
    L'inspiration religieuse par contre apparaît et domine dans plusieurs