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BIBLIOGRAPHIE 367 C'est en effet dans une succession de récits distincts, mais étroitement rattachés les uns aux autres, que la vie du Christ est présentée au lecteur. Nous le suivons dans son enjance, dans sa vie active, dans son sacrifice. Ce n'est pas une nouvelle Vie de Jésus que l'auteur a voulu écrire. Il en a, il est vrai, retracé les faits avec une scrupuleuse exactitude. Il a suivi de très près le récit des Ëvangélistes. Il a fait en cela œuvre de chrétien, mais il a fait aussi œuvre d'artiste. Son intention a été surtout, si nous ne nous trompons, de mettre en vive lumière les enseignements qui ressortent de cette divine histoire. Frappé de ces récits, profondé- ment touché des sentiments qu'ils suggèrent, il a voulu nous faire partager son émotion. C'est pour cela qu'il a adopté la langue de la poésie. Chacune de ses esquisses est un petit tableau achevé où tout concourt à l'impression qu'il veut produire. La douce figure de Marie nous est- elle jamais apparue avec plus de grâce que dans la scène de la Visita- tion} L'auteur nous la montre Parcourant dans son cœur la merveilleuse gamme De tous les sentiments qui, du cœur de la femme, Pour un père, un époux, un fils, en même temps, Font une lyre d'or aux sublimes accents. Mais il y aurait trop à citer. Il faut lire aussi en entier ce récit de la naissance du Christ, si émouvant dans sa poétiqne simplicité; la Purifi- cation, avec ce beau portrait du vieillard Siméon. Dans l'esquisse intitulée Nazareth, l'auteur a reproduit de naïves légendes dont les Évangiles canoniques ne parlent pas, mais qui méri- tent, dit-il en note, d'être conservées, « comme d'aimables souvenirs de l'imagination des premiers chrétiens. » Une des plus gracieuses est celle dont Reboul a tiré sa pièce charmante et trop peu connue des Langes de l'Enfant Jésus. Nous regrettons de ne pouvoir que signaler rapidement le récit intitulé Cana. Passons de la jolie description de ce festin de noces à la peinture grandiose de la tempête que Jésus calme d'un mot. J'ai hâte d'arriver à l'épisode des Marchands chassés du Temple. Il faut chercher l'inspiration des détails de cet intéressant récit dans la toile de Jouvenet, une des plus belles de notre Musée. Nous vous conseillons, cher lecteur, d'aller