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370 NATALIS RONDOT
monté, l'usage de celle-ci est resté discret. » C'est M. Rondot
qui l'a dit, et cette seule parole laisse pressentir le caractère
de l'art dans la ville de Lyon. Nous sommes chez un peu-
ple riche, ami du luxe, mais du luxe domestique qui n'a
rien de commun avec le faste ou avec la grandeur. C'est
donc l'art appliqué qui l'emporte, et ceux que M. Rondot
appelle si justement les « maîtres de fière allure » n'appa-
raissent au pays lyonnais qu'Ã de longs intervalles. Loin
de considérer, Messieurs, que votre confrère ait eu moins
de mérite à s'occuper d'artistes de second ordre que s'il se
fût attaché aux « maîtres de fière allure », nous estimons
que la tâche était plus ingrate, et en même temps plusutile.
Qui donc, si M. Rondot ne l'avait fait, aurait recueilli les
noms des mille dix-sept peintres et des soixante-neuf enlu-
mineurs dont il a reconstitué l'existence, à l'aide de docu-
ments inédits? Qui donc aurait porté cette sûreté de coup
d'oeil et cette indépendance de jugement sur « l'éclectisme
des artistes lyonnais, confinés dans une ville que les pèle-
rins de l'Italie, Français, Allemands ou Flamands, ont sans
cesse traversée? Qui donc eût signalé, comme l'a su faire
M. Rondot, l'impuissance de ses compatriotes, dans ce frot-
tement des nations, à sauvegarder leur personnalité, tandis
qu'ils acquièrent cette souplesse de l'esprit qui leur permet
de multiplier leurs aptitudes en les modelant sur le génie
des peuples qu'ils coudoient ? Nous devons des éloges et beau-
coup de gratitude à l'auteur des Peintres de Lyon. » ( i )
(i) A propos de l'envoi des Peintres de Lyon, N. Rondot recevait de
M. Edouard Aynard la charmante lettre que voici :
« Lyon, 7 janvier 1887.
« Cher Monsieur,
« Je viens d'achever la lecture de votre ouvrage sur les peintres de
Lyon, et, une fois de plus, je suis absolument émerveillé de votre puis-