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                         SOCIÉTÉS     SAVANTES                         I   4 7


nier communique quelques fragments d'une étude sur la Chanson mili-
taire, au temps de la République et de l'Empire. A cette époque, les troupes
marchaient en chantant des hymnes guerriers ou patriotiques. Après le
combat, c'étaient le plus souvent des chansons joyeuses ou satiriques
qui égayaient nos soldats. L'orateur cite nombre de ces refrains impro-
visés au bivouac, lesquels ordinairement s'inspiraient des incidents,
épisodes ou particularités saillantes qui avaient marqué les dernières
batailles, ou encore les récents événements. Ainsi fut chansonnée l'épi-
démie de dysenterie qui, à Valmy, avait affaibli, disait-on, les Prussiens
plus que le canon. La mort de Léopold II, empereur d'Autriche
( i c r mars 1792), servit de thème à un chant satirique arrangé sur l'air
de Malborough. Les émigrés et l'armée de Condé furent l'objet de
chansons analogues. — M. Berger lit trois sonnets ayant pour titres :
Au seuil du nouveau siècle. Amour vaut mieux que gloire. Paresseux!

   Séance du i<) juin. — Présidence de M. Desvernay. —• M. Bleton
communique quelques notes biographiques sur le sculpteur Charles
Dufraisne, né le 25 octobre 1827 à Saint-Gcrmain-du-Plain (Saône-et-
Loire), décédé à Lyon le 2 février 1900. Entré praticien dans l'atelier
de Guillaume Bonnet et pour mieux pénétrer les secrets du grand art,
Dufraisne suivit les cours de notre école des Beaux-Arts, sous la direc-
tion de Vibert dont il devint un véritable collaborateur. La statuaire
religieuse eut ses préférences, et ses œuvres, bien éloignées d'une
banalité trop commune, sont remarquables par l'expression du senti-
ment. En 1884, il avait remplacé Fabisch comme professeur à l'école
des Beaux-Arts de Lyon. — M. Léon Mayet lit une étude humoristi-
que : Ou demande des géants, à propos d'un récent legs à la ville de
Rouen pour favoriser les mariages entre gens de haute stature.

   Séance du 3 juillet. —Présidence de M. George, ancien président. —
Hommage de M. Aimé Vingtrinier : La fée de TAlbarine et les fontaines
sacrées du Buçey, une brochure in-8°. — M. Poussineau fait le récit
d'une tentative, couronnée de succès, pour substituer dans un régiment
l'usage de la vraie chanson française, alerte et pimpante, aux refrains
orduriers qui s'y clamaient auparavant. A ce propos, l'orateur fait un
rapide exposé de la chanson chez les anciens et les modernes. — M. le
D r Artaud fait connaître quelques pratiques de la thérapeutique de
l'ancien temps, telles que les donne un livre d'un auteur anonyme, édité