page suivante »
PENDANT LA PÉRIODE REVOLUTIONNAIRE 129 à l'Académie, étant procureur du Roi au Présidial, et il s'était distingué en prononçant l'éloge de Prost de Royer en 1785, et un peu plus tard celui de Mongez, qui fut le premier bibliothécaire de la bibliothèque Adamoli. Barou monta sur l'échafaud le 13 décembre 93. L'abbé Thomas de Merle^de Castillon (1725-1794) paraît être le dernier académicien qu'ait emporté la proscriptiou révolutionnaire. Il fut admis à l'Académie en 1778, étant vicaire général de l'archevêque, chanoine et baron de Saint- Just. L'abbé Castillon est principalement connu comme édi- teur des œuvres de Charles Bordes, l'antagoniste des idées de J.-J. Rousseau. Il eut la tête tranchée le 18 février 1794. A partir de là , les chagrins, les déboires, la maladie enfin enlevèrent encore une dizaine d'académiciens, que vous allez reconnaître comme ayant pris une large part, et quelques- uns jusqu'aux derniers moments, dans les travaux et péri- péties de la Compagnie. C'est d'abord l'architecte Boulard (Claude-François) et l'abbé Jacquet (Louis), qui moururent tous les deux en 1794. En 1795, mourut Gavinet père (Antoine-Nicolas), pharmacien-chimiste, qui fut remplacé par son fils, lors de la création de l'Athénée, en 1800. En 1797, de Jussieu de Montluel (François-Joseph-Mamert), qui avait fondé en 1790, une rente perpétuelle de 100 livres destinée à accroître laBibliothèque académique. Gavinet était âgé de 69 ans et de Montluel de 68. L'année 1798 vit dis- paraître le célèbre chirurgien Collomb (Barthélémy), qui appartint à l'Académie pendant un demi-siècle ; la Com- pagnie avait dérogé à son règlement pour le recevoir avant l'âge de 25 ans. La même année mourut, à 73 ans, le poète Vassellier (Joseph), dont les vers étaient très goûtés de Voltaire et des Lyonnais. J.-B. Dumas a dit de lui : « Cet académicien a fait des fables, et ce n'est pas la seule confor- mité qu'il ait eue avec Esope ». N° 2. — Août 1901. 9