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A LYON AU XVe SIECLE 73 Ces premiers travaux ont été entrepris et ont été poursuivis d'une façon obscure. Ces essais n'ont pas frappé les esprits autant qu'on l'aurait pensé; il est vrai qu'on a tout fait alors pour les dissimuler. Ce que Jean Tisseur a dit à l'occasion de l'invention de la locomotive s'applique aussi à l'imprimerie. « Et pendant ce temps-là , vous vous taisez, poètes ! « Vous, les prophètes, les devins! « Vous n'avez rien compris à de telles conquêtes ! » On n'a découvert que de nos jours, au prix de recherches infinies, la genèse de cet art. A Lyon, un livre imprimé parut en 1473. L'im- pression avait été faite par Guillaume Le Roy, hujus arlis impressorie expertus, sur l'ordre et aux frais de provenant de la bibliothèque de la Chartreuse de Bâle qui le tenait de Jean de La Pierre, et qui contient trois plaquettes parmi les- quelles le traité de l'orthographe de Gaspariuo Barzizio, de Ber- game, imprimé à la Sorbonne en 1471 ou en 1472. En tête du volume est une lettre de Guillaume Fichet à Robert Gaguin dans laquelle on lit le passage suivant : « Ferunt enim illic haud procul a civilate Maguntia Joannem queniam fuisse, oui cognomen Bonemontano, qui primus omnium impressoriam urlem excogitaverit, qua non calamo, ut prisci quidem illi, neque penna, ul nos fingimus, sed aereis litteris lihri finguntur, et quidem expedite, polite et pulchre. » Fichet a rappelé plus loin les noms des trois imprimeurs parisiens et leur premier ouvrage : 1 Neque praesertim hoc loco noslros silebo, qui superanl iam arte magistrum, quorum Udalricus, Michael ac Martinus principes esse dicun- tur, qui iam pridem Gaspariui Pergamensis epistolas impresserunt, quas Joannes Lapidanus emeniavit...» Cette lettre précieuse a été publiée dans son entier en 1887 par notre ami regretté le docteur Louis Sieber, de Bâle ; M. A. Claudin l'avait fait connaître en partie dans le Livre (p. 369 à 372) en 1883.