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                      A LYON AU XVe SIECLE                             Jl

berg. Il aura été au service de cet orfèvre, Hans
Dunne, témoin dans le procès de 1439, qui avait
déclaré avoir gagné près de cent florins en travaillant
pour Gutenberg, « seulement pour les choses qui
concernent l'imprimerie (trucken) », c'est-à-dire proba-
blement à la fonte et à la gravure des caractères de
métal. Valdfoghel était en possession d'un matériel
qui lui permettait de faire l'application de ces secrets
jusque-là si bien gardés (pmnia artificiel ingénia (42)
et instrumenta ad scribetidum artificialiter ad liîtera laiinà).
Des contrats sous forme authentique, passés en 1444
et en 1446, ne laissent aucun doute sur ces faits (43).
Procope Valdfoghel a eu successivement pour associés
un juif nommé Davin, de Caderousse, Girard Ferrose,
serrurier, originaire du diocèse de Trêves, établi à
Avignon, Georges de Jardine, Manaud Vitalis et
Arnaud de Coselhac.
   Ainsi l'art de l'imprimerie         a été pratiqué à Avignon
dix ans après son invention,            et cet art d'écrire artifi-
ciellement était, comme un              des associés de Valdfo-
ghel l'a juré sur les saints            Évangiles, « un art vrai


    (42) Ingénia de Juste, de stagno et de ferro. — Ce matériel est
 désigné dans une autre pièce du 5 avril 1446 : Instrumenta sive arti-
ficia causa artificialiter scribendi tant ferro, de callibe, de cupro, de
 lethono, de plumbo, de stagno et de Juste.
    (43) La découverte de ces contrats aux archives du département
de Vaucluse et dans des études de notaires d'Avignon et l'étude des
faits qu'ils ont mis en lumière ont été faites par M. l'abbé Requin
auquel on doit une notice très intéressante sur ce sujet : l'Impri-
merie à Avignon en 1444, 1890. M. L. Duhamel a démontré l'au-
thenticité des registres et des actes (les Origines de Vimprimerie à
Avignon, 1890).