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SUR LE CANTON DE PÉLUSSIN 35 Condrieu, puisque c'est à un de ses citoyens qu'elle doit son origine. » Quant au dénommé Celard, le pseudo- fondateur de Tain, il se sauva un beau jour, — la rumeur la plus accréditée fut qu'il avait été dévoré par des loups, — pour venir retrouver son fils à Saint-Pierre-de-Bceuf. Est-ce là l'origine, dans cette localité, de la famille Celard? Si je me suis étendu un peu longuement sur ce récit, c'est pour pouvoir montrer qu'il n'est que pure fantaisie et qu'il tombe devant les recherches historiques. Car si nous consultons le cartulaire de l'abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne (3), nous trouvons une série de chartes qui nous prouvent l'existence de Bœuf, bien antérieurement à cette date. Soit d'abord cette charte (4) de l'an 1000 que j'ai déjà reproduite plus haut et qui représente un acte de cession de la ville de Saint-Martin-du-Bceuf au monastère de Saint-André, car primitivement, Bœuf était voué à saint Martin et non à saint Pierre. Et cette autre charte (5) de 1001 ou 1003 dont j'extrais les lignes suivantes : Deprecor etiam ego Artaldusi ut omni tempore hœc elemosina mea cuslodita sit ah abbatibus et'monachis sancti Andrée, id est ut locum vel cellam sancli Martini hene construant et edificent, ut helemosina nostra non pereat nec lahor eorum et cotidie pro nohis qui locum Sancti Martini eà ificare cepimus, etc., et qui est intéressante à plus d'un titre, car elle nous montre le commencement de l'édification de l'église, dédiée à saint Martin, et le com- mencement de la formation de la localité. On voit que nous sommes loin, fort loin encore de l'année 1578, assignée (3) Publié par l'abbé Ulysse Chevalier, Lyon, 1869. (4) Charte 182, page 131, intitulée : Carta de dimissione Artaldi filii Ademari in villa de. Bocio. (5) La 179=, p. 227.