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192 RAPPORT SUR M. CANAT DE CHIZY
héréditaires de Chalon. Ce furent de puissants seigneurs,
souvent redoutés. Le premier, Lambert, était qualifié
nobilissimus, strenuissimus, magnifiais, munificus cornes.
Il devait sa haute fortune à son union avec Adélaïde,
fille de Gislebert, duc de Bourgoguè et reposa dans le
prieuré qu'il avait fondé. Ses successeurs ne furent
pas moins grands,' et nous les connaîtrons encore mieux,
quand nous pourrons lire leurs actes que renferme le
cartulaire de Paray.
Du reste, Messieurs, si je vous ai montré mes
compatriotes chalonnais ne dédaignant pas les joyeux
repas faits, en plein champ, sur quelque ruine des vieux
âges qu'ils étudient, laissez-moi vous dire aussi que
le vin généreux qu'on verse à rasades, en Bourgogne,
inspire aussi à d'autres Bourguignons la noble pensée de
publier également de nombreux cartulaires. A Autun, Ã
Mâcon, à Dijon et dans bien d'autres villes, les Sociétés
savantes ont compris, déjà depuis longtemps, que c'est
comme un devoir pour elles d'élever de ces grands monu-
ments dont les frais dépassent les moyens des savants
isolés.
A Autun, M. de Charmasse a publié le Cartulaire de
Saint-Martin,dont la plus ancienne charte remonte à 4096,
et qu'il a fait précéder d'une Introduction, laquelle est Ã
elle seule un véritable monument de science et d'éru-
dition.
Aujourd'hui, il met la dernière main à celui de l'évêché
i de cette antique ville qui a pu se dire « Soror et émula
Romse. » .
Comme sa grande sœur, elle aime encore aujourd'hui
es lettres et les arts, et avec quel soin pieux elle conserve
ses vieux monuments de la domination romaine ! Elle en
révèle même de nouveaux. N'est-ce pas à l'intrépide et