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               LETTRES DE L'ÉCOLE NORMALE                     399

Maria; j'ai appris avec tristesse sa maladie, et je ne tarderai
pas à vous écrire.
                                            Ton frère.
  Dans deux mois et demi !...
  Tu trouveras à la maison un Reboul, que je te prie de
garder en souvenir de moi.




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         A Joannés.
                                              22 juin 1840.


             MON CHER FRÈRE,


   Je ne puis pas aujourd'hui t'embrasser réellement et j'en
suis bien fâché, mais du moins je pense bien à toi, à ton
bonheur, à ta santé, à tes progrès, et chacune de ces pen-
sées devient une prière. J'ai voulu comme autrefois te faire
un petit cadeau qui peut te rappeler à l'avenir le jour de
saint Jean en 1840, et cette fête que je n'ai pu fêter qu'à
cent lieues de toi. Je t'envois un Reboul d'une nouvelle
édition qui vient de paraître, c'est un de mes poètes chéris;
j'espère que tu le liras souvent, et que chaque fois, tu pen-
seras que c'est moi qui te l'ai donné.
   Faisons-nous ainsi, mon cher ami, un petit trésor de
souvenirs. Un,jour nous verrons avec plaisir ces petits
livres, presque sans valeur par eux-mêmes, mais qui en
auront acquis une grande par les idées que nous y aurons
attachées. Ils nous rappelleront que notre amitié ne date
pas d'un jour, mais qu'elle a duré toute notre vie. Ils