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EN ALLEMAGNE AU XVIIe SIÈCLE 243 jugement : les preuves qu'il contenait lui paraissaient peut- être insuffisantes. Pendant les sept semaines qui s'écoulèrent depuis la torture jusqu'à la ratification de la condamnation par Ferdi- nand II, Schaffgotsch eut plusieurs entretiens avec les jésui- tes,maisil refusa constamment d'abjurer le protestantisme, et on a dit que ce refus avait été une des causes de sa mort : cela n'est pas du tout certain. Jean Ulrich apprit la confirmation de sa condamnation à Ratisbonne, vers le 9 juillet. Il ne songea plus qu'à se pré- parer à la mort, et revint à de sérieuses pensées sw la vie future. Il écrivit à ses enfants (1) qui se trouvaientà Olmiïtz, leur assura qu'il était innocent et les exhorta .'1 s'aimer les uns les autres. Il écrivit aussi à l'empereur (2), pour pro- tester encore une fois de son innocence ; il recommanda ses enfants au cardinal Dietrichstein, gouverneur de la Moravie, à sa belle-sœur Anne Ursule et au mari de celle- ci, le baron de Maltzan. Le samedi 21 juillet, unedéputation du Conseil de guerre, ayant à sa tête l'auditeur Grass, vint au ratlihaus pour lui faire connaître la confirmation par l'empereur de sa con- damnation à mort et le jour de son exécution. Les com- missaires hésitaient à lui annoncer ces tristes nouvelles, ce fut Schaffgotsch qui, le premier, rompit le silence. Il leur dit qu'il était prêt à mourir, et les entretint avec tant d'élo- quence pendant une heure, des bienfaits de la mort, qu'un des commissaires, un capitaine de cavalerie, déclara qu'il lui faisait presque désirer de mourir avec lui. Les commis- saires lui ayant offert, comme une faveur, de le faire exé- (1) Le 19 juillet. (2) Le vendredi 20 juillet.