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LETTRES DE L'ÉCOLE NORMALE 213 ce n'est pas sans quelques orages. Je ne crois pas que le changement de ministère ait fait du tort a M. Raison, je l'ai vu il y a quinze jours et il allait assez bien. Du reste il paraît que ce pauvre ministère est bien menacé, et il est bien possible que la crise de ces jours-ci se termine par sa disso- lution. Je prie mon père de présenter mes respects à MM. Verne de Bachelard, Léopold de Ruolz, Richard de Nancy, de les remercier de ce qu'ils veulent bien se souvenir de moi. J'aurai un bien grand plaisir à revoir M. de Ruolz, sa conversation a été féconde'; depuis ce temps-là j'ai bien pensé à l'art, et j'aurai à mon retour bien des idées à lui soumettre et à redresser d'après ses observations. - Pour vous je vous aime bien, je vous prie de ne pas me laisser jeûner de lettres, ce carême-là serait trop dur, et l'Église ne l'ordonne pas. Je ne vous parle pas de la licence parce que j'essaie de n'y pas penser. Je travaille, et j'attends. Si ma santé avait été tout à fait bonne, j'aurais pu espérer le succès, mais je n'y compte pas. Les épreuves commencent le Lundi saint, le 13 avril, et dureront 5 jours, c'est-à -dire toute la semaine sainte. Je suis bien sûr que vous penserez à moi d'ici-là , et que vous ferez prier pour moi par tout le monde. J'en ai bien besoin, c'est là le meilleur secours, et c'est celui qui m'a fait entrer à l'école. Du reste je vous écrirai d'ici-là . Votre fils.