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384 SOUVENIRS LYONNAIS
Certainement la population lyonnaise saurait mauvais
gré aux organisateurs des fêtes officielles s'ils ne mettaient
dans le programme un spectacle nautique. Comment notre
cité ne serait-elle pas reconnaissante au Rhône et à la
i Saône de la prospérité que la navigation fluviale lui a pro-
j curée de tout temps, comme le prouvent les inscriptions
! latines relatives aux Nautœ ?
Mais que les mœurs ont changé !
Dans le temps où on aimait à guerroyer, où les cheva-
( liers faisaient des tournois dans nos rues, la large plaine
liquide que présente la surface de notre Saône était un beau
: champ de manœuvre : Henri II a assisté à de véritables
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combats de galères ; il était avec la Cour sur un bateau « le
' Bucentaure ( i ) » splendidement décoré.
' Cent bateliers ont figuré dans les escadres qui ont
évolué sous les yeux des ducs de Bourgogne et de Berry ;
les princes étaient à des fenêtres préparées chez les religieux
de Saint-Antoine, sur la rive gauche de la Saône, dans ce
vaste couvent compris entre la,'rue Mercière et le quai (2).
Le plus souvent, des naumachies moins compliquées, et
de simples promenades charmaient les princes pendant leur
(1) Voir les minutieux détails donnés sur l'armement des galères et
galiotes et sur les distractions nautiques offertes aux souverains, dans
l'entrée solennelle de Henri II, 1548, dans celle de Charles XI en
1564, etc. Les Entrées solennelles, etc. Delaroche, 1752.
(2) Voir le récit de la réception si brillante faite en 1701, aux ducs
de Bourgogne et de Berry. Entrées solennellee. Delaroche, 1752.
L'église et le couvent des Antonins furent rebâtis au milieu du
xyn c siècle, la maison qui porte le n» 30 sur le quai Saint-Antoine en
est un souvenir.
Voir le chapitre consacré aux Antonins dans les ^Anciens Couvents de
Lyon, par l'abbé Vachet, Vitte, 1895.