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tïo'hs centre l'assëiïtime'nt du noble Chapitre. On préten-
dait interdire aux 'Mihïm'es de réparer leur mur de
clôture, qui menaçait d*e tomber sur la tête des passants.
Pour avoir commencé d'eux-mêmes ce travail urgent, ils
subirent l'amende et leur condamnation imprimée fut
affichée aux carrefours du faubourg. Les religieux appe-
lèrent de cette sentence du juge de Saint-Just et le
sénéchal cassa, le 21 août 17&3, le jugement porté contre
eux et contre le malheureux maçon (1).
Voilà comment finirent les querelles prolongées d'un
chapitre collégial puissant et du couvent qui dut fréquem-
ment supporter la jalousie de ses membres et sauver dé
leurs attaques les franchises et les immunités de son
ordre.
Celui qui ne jugerait ces deux institutions que par ce
que nous venons d'exposer les connaîtrait mal. De tels
faits ne nous semblent propres aujourd'hui qu'Ã exciter
la verve railleuse et satirique, dont fut si bien doué
l'auteur du Lutrin. La vérité n'est pas là tout entière.
Les chanoines de Saint-Just occupent dans l'histoire
ecclésiastique de Lyon une place d'honneur : ils la tien-
nent de l'antiquité de leur origine, de l'éclat de leurs ver-
tus, du mérite de tant d'œuvres, qui leur ont survécu, de
la gloire, enfin d'avoir subi la persécution ; ce que nous
avons dit ne peut la leur ôter.
Plaider était la manie et la faute des temps où ils
vivaient et ils avaient le rigoureux devoir de conser-
ver et de défendre les privilèges de leur corps. S'ils ont
apporté à cette œuvre une ardeur trop peu mesurée, la
responsabilité en revient à leur époque bien plus qu'elle
(1) Arch. départ. Fonds des Minimes. — H. 371. — Liasse de do-
cuments.