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MINIMES 421
En 1642, ils avaient transporté devant le monastère,
« à l'opposite des fenêtres », le pilori où étaient
exposés et exécutés les criminels que condamnait leur
Tribunal. « Cette nouveauté extraordinaire tentée au
préjudice d'arrêts dès longtemps obtenus (1) », indigna
les Religieux; elle était blessante pour leur piété et por-
tait atteinte à leurs droits. Dans la plaidoierie, par
laquelle il réclamait que cet instrument de supplice fût
rétabli à son ancienne place, l'avocat ne manqua pas de
rappeler que cet endroit « avait été affranchi du marché
« de bétail et de semblables assemblées, qui profanaient
« la^ sainteté du lieu et empêchaient l'office divin dans
« l'église (2) ». Ces raisons et d'autres alléguées, ne
réussirent qu'incomplètement à gagner les-juges. L'arrêt
rendu porte seulement qu'on ne pourra faire sur ce pilori
« aucune exécution de mort ou autre (3). »
L'odieux échafaud resta dressé sous les yeux des
moines, comme le signe de la toute-puissante volonté de
leurs redoutables voisins (4).
Toutes les difficultés ne surgissaient pas à propos de
contestations de juridiction, d'abus de pouvoir, ou de
droits injustement revendiqués. Le Chapitre de Saint-
Just aurait souhaité trouver chez les Pères Minimes
une soumission empressée à ses désirs ; volontiers il les
aurait admis dans ses cérémonies, aux processions, aux
fêtes religieuses, mais en ne leur accordant qu'un rang
inférieur et avec l'intention de leur faire sentir que loin
(1) Arch. départ. Fonds des Minimes» H. 363. Inventaire de 1682,
p. 170.
(2) à rch. départ. Fonds des Minimes. H. 370. Liasse de papiers, etc-
(3) H. 363. Inventaire de 1682.
(4) G. 4555. Inventaire des archives de Saint-Just