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                      SIMPLE HISTOIRE                    373

toire, plusieurs personnes étaient émues jusqu'aux lar-
mes.
   — Merci, Fernand, — dit la comtesse d'une voix un
peu plus tremblante que de coutume ;—ce petit poëme est
fort touchant et le sentiment en est parfaitement juste. Ce
ciel ouvert au pauvre orphelin, à qui toutes les joies du
monde ont été refusées, offre, sous une forme aussi con-
solante que belle une magnifique image de la justice de
Dieu. Ah ! qu'ils sont coupables ces prétendus amis des
classes malheureuses, qui montrent à ceux dont la vie
est rude la perspective des plaisirs de la terre, au lieu de
leur inspirer le salutaire désir des récompenses célestes...
Mais qu'avez-vous donc, Isaure ? vous êtes d'une pâleur
mortelle : seriez-vous malade, mon enfant?
   Ces dernières paroles s'adressaient à une nièce de
Madame de V..., la baronne de Rh..., entrée au milieu
de la lecture, et sur le front de laquelle resplendissait la
double auréole de la distinction et de la bonté.
   — Vous ne sauriez croire, chère tante, — répondit la
baronne, — à quel point j'ai le cœur serré depuis que
j'ai entendu ces vers.
   — Ils laissent cependant l'esprit sur une pensée bien
consolante.
   — C'est que vous n'avez pas vu ce que je viens de
voir...
   — Et qu'avez-vous vu ? — demanda vivement la com-
tesse.
   — Un tout jeune enfant .. un Savoyard, à peine vêtu,
qui chantait en grelottant, les pieds dans la neige et ses
petites mains contre sa bouche, sans doute pour les ré-
chauffer.
   — Et où était-il?
   — Près d'ici, chère tante.,.