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SIMPLE HISTOIRE 367
DEUXIÈME PARTIE
DIX ANS PLUS TARD
I
Le 31 décembre 1875, par conséquent un peu plus
d'un dixième de siècle après les faits qui remplissent la
première partie de cette histoire, une réunion de famille,
à laquelle s'étaient joints quelques amis, avait lieu dans
un hôtel de la rue Sala, à Lyon.
Ge n'était pas une fête que donnait la comtesse de
V . . . Elle avait simplement convié ses enfants, petits-
enfants et des personnes de son intimité à venir chez
elle finir l'année 1875 et commencer l'année 1876, en
s'occupant des malheureux, dont "les misères habituelles
s'étaient accrues par les débuts d'un hiver qui menaçait
d'être très-rude.
Mmo de V . . . est le modèle vivant des traditions d'au-
trefois, dans tout ce qu'elles ont de noble, de facile et de
délicat. Sa dignité est affectueuse, sa bienveillance tou-
jours égale. Il n'y a de comparable au charme de sa
conversation que la grâce avec laquelle elle sait écouter.
Son esprit fin et piquant excelle à mettre en valeur l'es-
prit des autres ; son jugement droit et sain lui fait tout
comprendre, de même que son cœur indulgent lui fait
tout excuser. Sa maison est à la fois un modèle d'ordre et
de grandeur, et elle y règne avec une attachante bonté
qui la fait vénérer de ses serviteurs comme de ses nom-
breux amis.
Veuve du comte Lionel de V . . . , la comtesse, depuis
la mort de son mari, partage son temps entre sa sollici-