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                      SIMPLE HISTOIRE                   363

 poignées de branchages très-secs, qui flambèrent aus-
 sitôt et illuminèrent la détresse cruelle de ce malheureux
 intérieur.
    Tandis qu'il remplissait ce soin, M. Renaud, qui s'était
 débarrassé de son manteau et de sa coiffure, à l'exception
 de son bonnet de soie noir, interrogeait la paysanne
à voix basse.
   — Oui. oui, ce n'est rien que ça !... — répéta-t-il en-
suite plus haut ; — il n'y a plus qu'à patienter. Allumez
à présent une chandelle, mon camarade, et faites chauffer
une écuelle de vin que vous sucrerez après.
    — Hélas ! Monsieur, nous n'avons ni chandelle, ni
vin, ni sucre... — murmura Mme Chandora.
    — Ta ! ta ! ta ! vous avez au contraire tout cela, et
de l'excellent bouillon par-dessus le marché, — repartit
vivement le docteur. — Il ferait beau voir que le bon Dieu
laissât les pauvres gens dans la peine, un jour comme
celui-ci.
    Rerre avait ouvert le panier, et il en tirait succes-
sivement tout ce que Mme Renaud y avait placé, en y
joignant de son chef un énorme paquet de linge, com-
posé d'objets empruntés à la layette de leur dernier enfant.
    Marie qui souffrait beaucoup en ce moment ne répondit
pas : elle leva les yeux au ciel, et, à l'expression recon-
naissante de son visage, on put voir que son cœur
bénissait leurs protecteurs inespérés.
    La nuit s'écoula de la sorte. La jeune femme sup-
portait ses douleurs avec un courage qui ressemblait à
de la joie ; son mari entretenait le feu et faisait tout ce
que lui prescrivait M. Renaud, qui, de son côté, les sou-
tenait tous deux par ses paroles.
   Sur les sept heures du matin, le premier cri du nou-
veau-né annonça à Chandora qu'il était père.