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284                           MINIMES

supplications. Sans respect pour les conditions stipulées
dans l'édit de pacification, non seulement ils ne se conten-
tèrent pas d:occuper l'église conventuelle au delà du ter-
me prescrit, mais ils portèrent leurs prétentions jusqu'à
vouloir en bannir les religieux eux-mêmes. Un arrêt du
conseil privé obtenu contre eux ne les intimide pas et
ils s'avisent,pour l'éluder, de demander des prolongations
incessantes de séjour. Grâce à cet habile stratagème, du
mois de juin ils demeurent jusqu'aux fêtes de Noël, des
fêtes de Noël jusqu'à Pâques de l'année suivante, sans
aucun souci des plaintes et des requêtes portées à leur
sujet.
   Monsieur de Losses, qui avait succédé au maréchal de
Vieilleville dans le gouvernement du Lyonnais et du
Beaujolais, fit, comme son prédécesseur, justice à la
demande des Minimes et commanda que leur Eglise leur
fût rendue. Une fois encore les ordonnances furent élu-
dées; les chanoines paraissaient inaccessibles à la crainte;
vainement, étaient-ils menacés de se voir expulsés par
la force, ils se riaient du danger. A la veille d'être con-
gédiés, ils proposaient un nouvel accommodement, de-
mandaient un délai et parvenaient, avec ces lenteurs
diplomatiques à conserver ce qu'ils mettaient tant de ruse
et une si grande constance à ne pas abandonner (1).
   Au mois de juin 1564, ils étaient encore les possesseurs
de ce monastère, si longtemps et si vainement réclamé.
A cette date expirait le dernier sursis qu'ils avaient
obtenu. Mais toutes les juridictions n'étaient pas épuisées,
ils résolurent de tenter un suprême effort et déjouer leur


 (1) Requeste à Monseigneur de Losses, lieutenant général de sa
Majesté en la ville de Lyon, pays de Lyonnois et Beaujollois, par les
Minimes contre les chanoines de Saint-Just. — H. 367. Arch. départ.