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238 CHRONIQUE LOCALE mon, de couper notre pauvre diocèse en deux. Eh bien ; nous préférons un sacrifice. Ne pourrait-on, puisqu'on y tient, transporter le siège de notre archevêché à Saint-Etienne, à Montbrison ou à Fenrs ? et cet arrangement ne vaudrait-il pas mieux que d'humilier un des plus saints diocèses de la chrétienté et d'anéantir un passé si auguste et si lumineux ? Mieux vaut donner l'enfant que de le partager ; n'est-ce pas votre avis ? C'est celui delà véritable mère. Puisse-t-il être aussi celui du prince de l'Eglise que nous avons l'honneur d'avoir à notre tète et qui, nous l'espérons. saura bien garder intact l'héritage de ses illustres prédéces- seurs. — La Société littéraire de Lyon sera une des trois Sociétés savantes de France dont les travaux seront couronnés cette année à la Sorbonne. Les belles et précieuses publications qu'elle a éditées sous la direction et avec les soins de M. Gui- gue, un de ses membres, lui auront valu cette faveur enviée qui accroît et consolide son antique réputation de savoir, de labeur et de dévouement à l'histoire de Lyon. — Ce mois ci, un petit volume nous est né : Roses an Vent, poésies, par Alfred Aubert, Lyon, Louis Perrin, 1877, in-8°. Tout nous en plait : Le titre, les vers charmants qui nous promettent une nouvelle étoile pour notre horizon poétique, un peu voilé et la pensée qui a présidé à l'éclosion de cette œuvre : Elle est vendue au profit des ouvriers sans travail. On voudra lire ce joli recueil, comme on va au bal pour les pauvres. On fait une bonne action doublée d'un vif et doux plaisir ; pourrait-on s'y refuser ? Nous espérons bien que cette première édition s'écoulera rapidement, que la Bienfaisance portera bonheur à la Poésie, et, comme le dit si bien l'auteur dans quelques lignes de préface : « que porson- , ne ne regrettera d'avoir acheté ce petit livre. « S'il déplaît, on le fermera sans colère en pensant qu'on a apporté quelque soulagement à des malheureux. Si au contraire, on découvre un charme inespéré dans le parfum de ces roses jetées au vent,ce sera la meilleure récom- pense d'une bonne action. » Et comme avant-goùt, citons un sonnet renversé. Si nous n'étions pas dans la patrie du sonnet, du sonnet par excellence, nous dirions que l'auteur ne fait pas seule- ment des sonnets :