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LE FORT DE SAINTE-FOY 229
premiers ressauts des montagnes du Dauphiné, depuis
Morestel jusqu'Ã Saint-Fons.
De la hauteur où l'on est, toutes les ondulations du
terrain disparaissent, et l'on n'a plus sous les yeux qu'un
grand espace plat, monotone et par conséquent sans
caractère. Néanmoins, bien des gens trouvent cela su-
perbe parce qu'on voit loin et qu'on peut compter je ne
sais plus combien de clochers. Mais lorsque le vent du
midi vient à chasser devant lui toutes les vapeurs qui
obstruent l'horizon et que la chaîne des Alpes se déve-
loppe du Mont-Blanc aux sommités du département de la
Drôme, le paysage prend une grandeur réelle. La plaine
disparaît ; on ne voit plus que les montagnes, on s'y
transporte par la pensée, on en sonde les profondeurs et
on en suit les nervures. A l'heure du couchant, les neiges
prennent des teintes d'un blanc laiteux rehaussé de tons
rose et or incomparables d'effet, c'est splendide ! Tant
que dure ce beau spectacle, on ne peut en détacher les
yeux. Le jour baisse, les cimes s'éteignent une à une, on
est toujours là , on reste comme cloué au chemin et on ne
reprend sa marche que lorsque le dernier rayon de soleil
a cessé d'éclairer le dernier sommet.
Toutefois, ne faisons pas comme le promeneur surpris
par l'aspect rare et souvent inattendu des Alpes roses ;
poursuivons notre chemin et, Ã travers un bout de steppe
brûlée, suivons la route jusqu'à ce que nous rencontrions,
à la base même des glacis du fort, un sentier qui nous
conduit au point extrême de notre promenade.
Ce point, c'est un petit tertre placé à l'angle de la fo.r -
tiflcation et comme suspendu entre le fossé et la route
de Sainte-Foy à Point-du-Jour. La menthe sauvage y
croît en abondance et vous offre un siège parfumé. As-
s
eyez-vous,regardez et quand vous aurez passé un quart