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LE FORT DE SAINTE-FOY 227
tournant à droite, on gagne par une coursière presqu'Ã
pic la route neuve qui mène au bourg de Sainte-Foy.
A partir de ce moment, on sent que l'on n'est plus
dans la ville, on respire; la vue n'est plus borne'e par
d'interminables murs et elle se repose à droite ^ur un
coteau couvert de vignes et de bouquets d'arbres ; il est
tout semé de maisons de campagne dont quelques-unes
sont occupées par des établissements religieux, comme
l'indique la croix qui les surmonte.
On ne tarde pas alors à rencontrer une grande maison
carrée dont la terrasse en rocaille, d'un goût peut-être
douteux, fait l'admiration de certains passants, proba-
blement parce qu'elle a coûté fort cher ; on dépasse cette
habitation et on arrive devant les communs qui en dé-
pendent, bien que leur architecture sobre et correcte,
avec un grain d'élégance, en fasse douter un instant.
En cet endroit, il faut s'arrêter, car, par-dessus les
clôtures qu'on a eu l'intelligence de n'élever qu'en contre-
bas de la route, il y a un beau paysage à contempler.
A gauche, le premier plan est occupé par des vignes et
de beaux arbres ; au delà c'est la Saône dans laquelle .se
mirent les jardins des Etroits, et que l'extrémité de la
presqu'île de Perrache sépare du Rhône que bordent les
usines de La Mouche et de Saint-Fons. Derrière Saint-
Fons, le terrain se relève et, sur la colline, voici Fézin et
ses blanches maisons qui apparaissent en avant des Bal-
més Viennoises dont le sommet est couvert de bois. En
face, le mamelon sur lequel est bâti Sainte-Foy, descend
en profilant ses lignes gracieuses et verdoyantes jus-
qu'au confluent des deux fleuves, à La Muîatière. A par-
tir de ce point, l'œil suit involontairement la nouvelle
route qui traverse les restes de la saulaie d'Oullins et
conduit à Pierre-Bénife. On distingue le petit village, son