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214 CA1LHAVA
son amour éclairé pour les raretés ou les belles impres-
sions, nous avons dû dédaigner tout ce qui pouvait s'a-
cheter couramment chez un libraire pour ne nous arrêter
qu'aux véritables curiosités.
En nous réduisant aux seules éditions lyonnaises, que
de perles, que de bijoux nous avons pu exhiber, et quel
nombre plus grand encore avons-nous passé sous si-
lence !
La douloureuse vente de toutes ces richesses a dépassé
80,000 francs.
Si la première vente n'avait pas sauvé Cailhava, la
seconde fut moins efficace encore. Abreuvé d'amertume,
accablé d'ennuis, assailli par les hommes d'affaires qui
ne ménageaient ni son amour-propre ni sa délicatesse,
il s'éteignit juste un an après la dispersion de ses chers
compagnons d'étude, de ses livres qu'il avait tant aimés.
Sa bibliothèque avait été vendue du 8 au 13 décembre
1862 ; il s'éteignit, dans la souffrance et le chag-rin, le
15 décembre 1863.
On lui fit des funérailles dignes de son nom et de son
rang, mais, ses propriétés vendues et tous les créanciers
désintéressés, il ne resta plus grand chose au fils de sa
sœur, son exécuteur testamentaire, l'unique héritier de
l'immense fortune qui s'était fondue si malheureusement
dans ses mains.
Ses restes reposent à Sainte-Foy, dans le mausolée de
sa famille. Il ne s'était pas marié et son nom, qui est di-
gnement porté à Paris et dans le Midi, est complètement
^ éteint à Lyon.
Aimé VINGTKINIER.