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200 CAILHAVA Nous répétons, en bibliophile et non en jaloux, que cette édition est une des plus belles Å“uvres que l'art typogra- phique moderne ait produites; un exemplaire nous en fut offert par M. Cailhava et il fut longtemps le plus précieux volume de nos collections. Mais que faire désormais du joli caractère venu de Paris ? Nous voulûmes l'utiliser en publiant douze plaquet- tes aussi élégantes que possible, contenant la vie de dou- ze peintres ou artistes célèbres lyonnais. Nos amis nous y engageaient, notre goût nous y poussait; en 1854, parut, sous le titre de Biographie des artistes Lyonnais, une petite brochure portant le n° 1 et contenant une Notice sur Fleury Epinat, par Aimé Vingtrinier, in-12, tirée à 500, prix 1 franc. On en vendit deux. L'année suivante,parut le n° 11, Hippolyte Leymarie, par Léon Boitel, 1855, in-12, tiré à 300 ; même prix. On en vendit trois. Quelques mois après. nous fîmes paraître le n° III, Philibert de Lorme, par J. S. Passeron, 1856, tiré à 100. On en vendit quatre ou cinq et nous jugeâmes prudent d'en rester là . Il est vrai que beaucoup d'amateurs nous ont témoigné le regret de nous voir arrêté en si beau chemin et que. dans les ventes, les brochures, si dédaignées alors, attei- gnent en ce moment le prix fabuleux de trois ou quatre francs, mais l'expérience était faite, l'ambition était étein- te, le feu sacré n'y était plus et nous laissâmes aux jeunes la futile vanité de mettre du luxe et de l'élégance à des travaux que les auteurs ne veulent jamais ensuite rému- nérer à leur valeur. Nous savions, et qui ne le sait? mais nous le rappelons, que le célèbre et malheureux Henri Estienne est mort Ã