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458                      CHRONIQUE LOCALE

sultat vainement cherché jusqu'ici. Nous croyons savoir qu'il se pro-
pose de soumettre sa découverte aux savants de Paris, car à quoi ser-
virait d'inventer le soleil si Paris n'approuvait pas l'invention?
   — Peu de personnes verront l'ouvrage de M. le chanoine Christophe
paru ces jours derniers : Mélanges de littérature et de critique, in-8°.
Ce livre sérieux, d'un haut style et de grandes idées, a été tiré à
très-petit nombre et offert à quelques amis privilégiés. Les amateurs
peuvent donc se mettre en campagne pour se procurer un volume qui
a le double mérite de la valeur intrinsèque et de la rareté
   — Une autre rareté précieuse est le troisième fascicule de M- le
marquis de Pisançon sur VAllodialité dans la Drame. La Revue qui a
rendu compte des" deux premières parties ne peut se dispenser de
parler de la troisième enrichie, comme les deux premières, de cartes
et de blasons. Ce travail, non mis dans le commerce, fait honneur
aux presses de Valence, nous y reviendrons dans une de nos pro-
chaines livraisons.
   — Cette semaine, la maison Savigné, devienne, a fait paraître la
première livraison d'une élégante et brillante publication : La Revue
du Dauphiné et du Vivarais, paraissant tous les mois. Nous saluons la
nouvelle venue qui sera non une rivale mais une sœur, le Dauphiné
étant assez riche et assez vaste pour avoir une Revue à lui, et l'archéo-
logie de nos contrées étant une mine assez féconde pour que les plus
ardents travailleurs soient impuissants à l'épuiser.
   — Un grain de sable peut-il arrêter les fureurs de la mer ? les
philosophes disent oui, et les naturistes lèvent les épaules.
   Qui a raison? les premiers ont-ils radicalement tort et n'y aurait-il
pas quelque expérience à faire ?
   Le 5 février, trente personnes du meilleur monde se sont réunies
chez un illustre ingénieur dans la pensée d'apporter une petite pierre,
afin de commencer une petite digue pour s'opposer aux tristes effets
de la débauche qui ravage le pays. Chaque jour, le mal s'accentue ;
la moitié de la société repousse tout frein, ce qui épouvante l'autre
moitié et la jette dans l'excès contraire-
   D'où viennent tant de couvents ? Pourquoi tant de jeunes filles en-
trent-elles dans les cloîtres ? c'est qu'elles sont effrayées de la mora-
lité des jeunes gens et qu'elles ne regardent pas comme dignes d'elles
tant d'Anatole et tant d'Arthur qui à vingt ans raisonnent de tout et
connaissent tout.
   A gommeux pas de femme, d'ailleurs, fi donc !
   La pénurie des mariages a effrayé la Suisse, l'Allemagne et l'An-
gleterre. On réagit contre le fléau, mais si on réussit là-bas, en France
on aura bien à faire.
   Une conférence a donc eu lieu ; on a entendu un orateur, ancien
conseiller d'Etat de Neuchatel (Suisse) ; il a dit d'excellentes choses ;
on en a pensé davantage. Mais il en est de la débauche comme de la
misère ; on peut en gémir, on peut élever contre elles, en théorie,
les plus magnifiques systèmes, quant à la pratique, allez-y voir.
   Arrêtez seulement les succès du Skating-Rink.
   Rien n'est en effet séduisant, enlevant, étourdissant, dit-on, comme
de voir la foule des dames du demi monde lyonnais étaler ses traines
 et atours sur le parquet glissant du Skating, à l'AIcazar. Ces nuages
d'étoffes flottant au vent, ces robes ébouriffantes, ces écharpes on-
 dulantes font un effet indicible ; les groupes glissent et tourbillonnent
et, appuyés sur les ballustrades de l'enceinte, les naïfs et les peureux