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                L'AVEUGLE


  0 Toi, par qui la terre est récréée,
  Sur l'univers qui verses tes bienfaits,
  Sans qui la forme, une fois procréée,
  Serait restée inconnue à jamais ;

Source de toute vie, ô divine Lumière,
  Dont j'ai rêvé l'éclatante splendeur,
Pourquoi viens-tu frôler mon inerte paupière
  Et vainement faire battre mon cœur ?

  De l'horizon l'aurore en vain s'élance
  Illuminant tout le dôme des cieux
  De sillons d'or au sein desquels s'avance
  Du Dieu du jour le disque radieux !

Je suis, je suis toujours plongé dans les ténèbres,
  Tel qu'un vaisseau, par les vents démâté,
Qui, flottant à leur gré sur des plaines funèbres,
  Ne plonge aussi que dans l'immensité I

  De nos saisons que me fait le passage ?
  L'été, l'hiver, se succèdent toujours
  Mais de l'horloge, hélas ! c'est le rouage
  Qui vient du temps me révéler le cours !
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