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76 LA SILVE BÉNITE tes que leurs excursions amènent dans le bassin du lac de Pa- ladru. Ils trouveront dans le garde-forestier", le brave Damon, militaire retraité, un cicérone complaisant, et, au besoin, un cuisinier qui, en deux tours de main, saura bien leiir im- proviser un frugal repas. Il les conduira à l'extrémité d'une allée, ancienne promenade des chartreux, d'où, sous un magnifique bouquet de hêtres, ils jouiront de cette perspec- tive : une échappée sur le lac, la montagne de Billieu, la tour de Clermont ; dans le lointain la silhouette déchiquetée des sommets de Montaut, de Saint-Ours et de l'Echaillon ; sur des plans plus rapprochés, les restes de l'ancienne forêt de la Silve-Bénite, nom si doux à l'âme et si harmonieux à l'oreille. Sur le chemin d'Oyeu, autre^ promenade des chartreux, nommée le Lambournay, le touriste verra quatre beaux tilleuls que l'acquéreur cdu monastère planta le jour même du couronnement de l'Empereur Napoléon I et . Ces arbres, nous les avons^salués comme remémorant le souvenir d'une glorieuse époque, hélas! bien éloignée de nous. Le brave Damon vous conduira aussi à la croix du Moine-Mort. Cette croix, érigée dans un carrefour, au cen- tre de la forêt, rappelle un fait tragique, connu de toute la contrée. Un jeune libertin poursuivait vainement de ses instances une jouvencelle de Virieu. Il apprit que son insuccès prove- nait de l'influence qu'exerçait sur l'esprit de la jeune fille un saint religieux de la Silve-Bénite, son confesseur. Le reli- gieux fut trouvé assassiné dans la forêt. On suppose que ce meurtre fut le résultat de la vengeance du félon gentil- homme. La légende et l'histoire sont peu d'accord sur l'époque pré- cise de l'institution de la chartreuse de la Silve-Bénite. H paraît probable qu'elle fut fondée en i l 16, quelques années après l'établissement delà Gfande-Chartrexisej la maison-