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4<î CÀILHAVA réciter, il ne s'en souvenait plus. Ne pouvant le débiter, il voulut le lire ; il essaie de fouiller dans ses poches et cherche à tenir d'une seule main le looch et le chapeau, mais ce dernier tombe. Boitel se précipite, fait un faux pas, met le pied dans la coiffe et le chapeau, fortement attaché au soulier, fait des bonds désordonnés dans la chambre. Boitel l'arrache enfin ; il a son couvre-chef, mais le looch à son tour s'échappe, se renverse et se répand sur le plancher, Mme Valmore pousse un petit cri d'effroi ; les enfants se rejoignent effrayés contre leur mère ; M. Valmore fait retentir un immense éclat de rire. Boitel éperdu veut s'enfuir, il se retourne, aperçoit une porte, l'ouvre, se précipite et la ferme vivement derrière lui, Horreur et damnation ! comme on disait dans les dra- mes échevelés de ce temps-là ! il est dans une obscurité profonde ; une odeur de confitures et de sucrerie lui annonce qu'il est dans l'office. Il lance une main en avant, et renverse desbiscuits dont la pile bondit et tombe à terre ; il n'ose avancer ni reculer, cloué sur place par la honte et l'effroi. Et cependant, il ne peut rester là éternellement. — Monsieur ! Monsieur ! s'écrient à la fois M. et Mma Valmore sur des tons différents; et Boitel sent qu'on fait des efforts violents pour le délivrer de sa prison. Mais sa consternation est si grande qu'il refuse la li- berté ; il se cramponne au loquet, retient la porte, n'ose se faire revoir par cette famille au milieu de laquelle il est si maladroitement entré et fait des efforts inouis pour lutter contre la poursuite de ses ennemis. Enfin ceux-ci l'emportent. M. Valmore est bien autre- ment vigoureux que le jeune pharmacien ; la porte cède, et les époux Valmore contemplent ahuris cette figure pâle,