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« simple et crédule ; ils ne le feraient pas tomber de préci-
« pice en précipice, sans qu'il ne reconnût la main qui le
« conduit et veut lui donner la mort. 0 ma patrie ! pourquoi
« tant d'ennemis ? tu me donnes la première place pour les
» combattre, je l'accepte ; je m'en rendrai digne ou je pé-
« rirai.
Le zèle et l'activité qu'il déploya à la tête de l'administra-
tion municipale pour déjouer les machinations des aristo-
crates et des contre-révolutionnaires, le firent nommer, en
1792 , représentant du peuple à la Convention nationale par
le département du Rhône-et-Loire. Au mois de septembre
1792, il fut envoyé à Lyon d'après une lettre de Roland, mi-
nistre de l'intérieur, adressée à la Convention nationale dans
la séance du 22 septembre 1792 , an 1er de la République.
Roland s'exprimait en ces termes : « Les nouvelles que je re-
« cois de Lyon sont alarmantes ; le conseil de la Commune,
« obligé de céder aux circonstances, a taxé le pain , la viande^
« le beurre et les œufs au-dessous du prix auquel se vendaient
« ces objets. D'autre part, les femmes sont allées en troupe
« dans différents magasins ; plusieurs enlèvements ont été
« faits.
« Un étal de chose aussi violent ne saurait subsister sans
« exposer cette ville à une subversion totale. C'est dans ce
« moment qu'il serait à désirer que des commissaires,pris
« dans le sein de la Convention nationale, revêtus des plus
« grands pouvoirs, se rendissent à Lyon pour y rétablir Yor-
« cire et la soumission aux lois.
« Je ne dois pas taire un trait dont j'ai été extrêmement
« touché : la commune d'Irigny, voisine de Lyon , a pris un
« arrêté de porter dans cette ville toutes les denrées que les
« habitants ont coutume d'y conduire et de les offrir aux ci-
« toyens de Lyon au prix qu'ils voudraient fixer.
" Celle respectable commune ne veut conserver, dit-elle,
« dans son sein, que le strict nécessaire pour elle, trop
« heureuse de pouvoir faire des sacrifices en faveur de ses