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du pêcheur, le 27 mars 1492, la huitième année de notre
pontificat.
Signé J. P. ARRIVALBENUS (sic). »
Sur le repli : « A notre bien aimé fils, le F. Jean Bourgeois,
de l'ordre des FF. Mineurs. »
La cour de Rome était justement prévenue contre Jean
Rely , parce que , haranguant aux états de Tours ( H8'ô ), au
nom du clergé , ce docteur s'était élevé avec force contre le
mode des élections aux bénéfices , et avait conclu de quelques
abus incontestables, au changement brusque et spontané de
la discipline , sans l'intervention du siège pontifical. On peut
voir dans les Grandes Annules de Belleforest une analyse fort
étendue de cette harangue.
En outre, le roi avait nommé Jean Rely, à l'évêché d'An-
gers. Innocent en avait pourvu le cardinal Charles Carret.
Jean Rely avait envoyé au pape l'acte de son serment d'obéis-
sanee , avec cette inscription , qu'il osa formuler en termes
exprès : Dummodo nihil prœcipiat contra jus divinum.
Le pape, déjà mécontent de sa nomination , s'irrita de
celte clause insultante. Ce fut alors qu'il écrivit au P. Bour-
geois. La mission , remplie avec zèle , le fut avec bonheur
sans doute : la suite de l'histoire en offre la preuve. Rely
ne fut point éloigné de Charles , mais sans doute il fit sa sou-
mission ; car , ayant été , la même année , réélu par le cha
pitre d'Angers, il fut agréé par Innocent, qui cessa de lui
opposer le cardinal son compétiteur ; puis , quand vint la cé-
rémonie de fondation de l'Observance , nous voyons que c'est
à Jean Rely que le F. Bourgeois en fit l'honneur, malgré
la présence de l'archevêque d'Embrun.
Jean Bourgeois était un religieux d'une très-grande sim-
plicité. Dans une lettre qu'il écrivit à MM. de la cour des
Comptes , il les priait de hâter la vérification des lettres
royales, autorisant la fondation de l'Observance , parce que,
disait-il, hors de leur couvent, les religieux sont poissons hors
de l'eau. Il commence sa lettre par ces mots : Jésus, Maria,